L’hypoplasie mammaire correspond à un développement insuffisant des seins, lié notamment à une quantité limitée de tissu glandulaire. Elle peut être légère, avec une poitrine simplement peu développée, ou plus sévère et s’accompagner d’une anomalie de la forme du sein. Comment reconnaître une hypoplasie mammaire ? Peut-elle avoir des conséquences sur l’allaitement ? Dans quels cas une chirurgie peut-elle être prise en charge par l’Assurance maladie ? Les explications du Dr Benjamin Sarfati, chirurgien plasticien.
Qu’est-ce que l’hypoplasie mammaire ?
L’hypoplasie mammaire désigne un développement insuffisant de la glande mammaire au moment de la puberté. Les seins restent alors peu volumineux une fois leur développement terminé.
« Il ne faut toutefois pas confondre hypoplasie mammaire et petite poitrine. Une femme peut naturellement avoir de petits seins sans présenter d’anomalie du développement mammaire », nuance le Dr Benjamin Sarfati. Le diagnostic repose sur l’examen de la morphologie du sein et sur la quantité de tissu mammaire présente.
L’hypoplasie peut concerner les deux seins ou être plus importante d’un côté. Elle peut aussi être associée à une anomalie de forme, notamment dans le cas des seins tubéreux.
Quels sont les signes d’une hypoplasie mammaire sévère ?
L’importance de l’hypoplasie varie d’une femme à l’autre. Dans une forme légère, les seins sont peu développés mais leur morphologie reste normale.
Dans une hypoplasie mammaire sévère, le déficit de développement est beaucoup plus marqué. Plusieurs particularités peuvent être observées :
- un volume mammaire très faible ;
- une base du sein étroite ;
- des seins particulièrement espacés ;
- une asymétrie importante ;
- des aréoles larges ou proéminentes ;
- un manque de développement de la partie inférieure du sein ;
- une forme tubéreuse ou tubulaire dans certaines situations.
Ces caractéristiques sont évaluées dans leur ensemble par le chirurgien. Une petite taille de bonnet ne suffit donc pas, à elle seule, à poser le diagnostic.
Comment est posé le diagnostic d’hypoplasie mammaire ?
Le diagnostic de l’hypoplasie mammaire repose principalement sur l’examen clinique. Le médecin analyse le volume et la forme des seins, leur symétrie, la largeur de leur base ainsi que la position du sillon sous-mammaire.
L’histoire du développement mammaire est également importante : le spécialiste cherche notamment à savoir si les seins ont toujours été peu développés depuis la puberté ou si leur volume a diminué secondairement, par exemple après une grossesse ou une perte de poids.
Des examens complémentaires ne sont pas systématiques. Ils peuvent néanmoins être réalisés lorsqu’une autre cause est suspectée ou dans le cadre du bilan avant une éventuelle intervention.
Hypoplasie mammaire et allaitement : quel impact ?
Une hypoplasie mammaire ne signifie pas qu’il sera impossible d’allaiter. Certaines femmes présentant une poitrine peu développée allaitent leur bébé sans difficulté.
« En revanche, lorsqu’il existe un déficit important de tissu glandulaire, la production de lait peut être insuffisante chez certaines patientes. L’allaitement peut alors nécessiter une supplémentation », précise le chirurgien plasticien.
Le volume extérieur des seins ne permet donc pas, à lui seul, de déterminer la capacité à produire du lait. En cas de difficultés après la naissance, un accompagnement par une sage-femme ou une consultante en lactation permet d’évaluer la situation et de mettre en place un soutien adapté.
Comment corriger une hypoplasie mammaire ?
Il n’existe pas de traitement médical permettant d’augmenter durablement le volume de la glande mammaire après la fin de la croissance. Lorsque l’hypoplasie fait l’objet d’un complexe important, une augmentation mammaire par prothèses peut être envisagée.
« La technique dépend de la morphologie de la patiente, du degré d’hypoplasie, de la quantité de tissu disponible et du résultat recherché », informe le spécialiste.
Traitement d’une hypoplasie mammaire par une pose d’implant
La pose d’implants mammaires permet d’augmenter le volume des seins et d’obtenir une poitrine davantage en harmonie avec la morphologie de la patiente. Le volume et la forme des prothèses sont choisis au cas par cas.
Dans certaines hypoplasies sévères ou associées à une malformation comme la ptose mammaire, l’intervention peut également nécessiter une correction de la forme du sein, et pas uniquement une augmentation de volume.
Traitement d’une hypoplasie mammaire par lipofilling
Le lipofilling mammaire consiste à prélever de la graisse sur une autre partie du corps avant de la réinjecter dans les seins. Il permet une augmentation plus modérée et utilise les propres tissus de la patiente.
« Cette technique peut être réalisée seule ou associée à la pose d’implants. Elle n’est toutefois pas adaptée à toutes les femmes : une quantité suffisante de graisse doit notamment être disponible pour obtenir le résultat souhaité », prévient le Dr Benjamin Sarfati.
Comparatif des techniques chirurgicales pour l’hypoplasie mammaire
| Technique | Principe | Augmentation | Patientes concernées | Combinable ? |
|---|---|---|---|---|
| Prothèses mammaires | Pose d’implants | Volume important | Toutes morphologies | Oui |
| Lipofilling mammaire | Réinjection de graisse autologue | Volume modéré | Si graisse disponible | Oui |
| Association des deux | Implants + lipofilling | Volume important | Hypoplasie sévère / malformation | — |
Hypoplasie mammaire : peut-on être remboursée par l’Assurance maladie ?
La prise en charge de l’hypoplasie mammaire dépend de sa sévérité et de ses caractéristiques anatomiques.
Une augmentation mammaire réalisée uniquement à des fins esthétiques n’est généralement pas remboursée. En revanche, certaines situations considérées comme relevant de la chirurgie réparatrice peuvent faire l’objet d’une prise en charge par l’Assurance maladie.
La nomenclature de l’Assurance maladie prévoit notamment une prise en charge de l’augmentation mammaire bilatérale par implants dans certaines situations précises : agénésie mammaire bilatérale, hypoplasie mammaire bilatérale sévère avec un bonnet inférieur à A, ou certains syndromes malformatifs, comme les seins tubéreux ou le syndrome de Poland.
Une demande d’entente préalable peut être nécessaire. Le chirurgien constitue alors le dossier destiné au médecin-conseil de l’Assurance maladie, qui détermine si les critères de prise en charge sont remplis.
Le remboursement n’est donc pas automatique pour toutes les femmes ayant une petite poitrine ou une hypoplasie. Des frais peuvent par ailleurs rester à la charge de la patiente, notamment en cas de dépassements d’honoraires. Il est recommandé de demander un devis et de se renseigner auprès de sa complémentaire santé.
Critères de remboursement de l’hypoplasie mammaire par l’assurance maladie
| Situation clinique | Prise en charge possible | Condition requise |
|---|---|---|
| Agénésie mammaire bilatérale | Oui | Dossier médecin-conseil |
| Hypoplasie bilatérale sévère (bonnet < A) | Oui | Entente préalable possible |
| Seins tubéreux / syndrome de Poland | Oui | Dossier médecin-conseil |
| Augmentation à visée esthétique seule | Non | — |
| Petite poitrine sans anomalie clinique | Non | — |
Quel médecin consulter pour une hypoplasie mammaire ?
Une consultation avec un chirurgien plasticien permet de confirmer le diagnostic, d’évaluer le degré d’hypoplasie et de déterminer les solutions envisageables.
Le Dr Benjamin Sarfati, spécialisé en chirurgie plastique, esthétique et reconstructrice, peut notamment évaluer l’intérêt d’une augmentation par implants, d’un lipofilling ou de l’association de plusieurs techniques selon la morphologie de la patiente.
Questions fréquentes sur l’Hypoplasie mammaire
Une petite poitrine signifie-t-elle forcément une hypoplasie mammaire ?
Non. Une poitrine naturellement petite n’est pas nécessairement liée à une hypoplasie. Le diagnostic repose sur l’anatomie et le développement du sein.
L’hypoplasie mammaire empêche-t-elle d’allaiter ?
Non, l’hypoplasie mammaire n’empêche pas systématiquement l’allaitement. De nombreuses femmes concernées allaitent sans difficulté. Cependant, en cas de déficit important de tissu glandulaire, la production de lait peut être insuffisante et nécessiter une supplémentation. En cas de difficultés, un accompagnement par une sage-femme ou une consultante en lactation permet d’évaluer la situation et d’adapter le soutien nécessaire.
L’hypoplasie mammaire est-elle remboursée ?
Dans certaines situations sévères ou malformatives, une prise en charge par l’Assurance maladie est possible, sous réserve de remplir les critères médicaux et, lorsque cela est requis, d’obtenir un accord préalable.
Peut-on corriger une hypoplasie sans prothèse ?
Oui. Le lipofilling mammaire peut être envisagé chez certaines patientes. Le choix dépend notamment de la morphologie et de la quantité de graisse disponible.
Comment corriger une hypoplasie mammaire chirurgicalement ?
Deux techniques principales permettent de corriger une hypoplasie mammaire. La pose d’implants mammaires augmente le volume et améliore l’harmonie de la poitrine. Le lipofilling mammaire consiste à réinjecter de la graisse prélevée sur une autre zone du corps. Ces techniques peuvent être utilisées seules ou combinées, selon la morphologie de la patiente, le degré d’hypoplasie et la quantité de tissu disponible.
Peut-on corriger une hypoplasie mammaire sans prothèse ?
Oui, le lipofilling mammaire permet de corriger une hypoplasie sans implants. Cette technique utilise la propre graisse de la patiente, prélevée par liposuccion puis réinjectée dans les seins. Elle offre une augmentation plus modérée et naturelle. Elle n’est toutefois pas adaptée à toutes les patientes : une quantité suffisante de graisse disponible est indispensable pour obtenir un résultat satisfaisant.
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