Utérus rétroversé c’est quoi ?
Un utérus rétroversé est un utérus incliné vers l’arrière, vers le rectum, au lieu d’être penché vers l’avant sur la vessie. Cette position concerne environ une femme sur cinq. Il s’agit d’une variante anatomique et non d’une maladie : le plus souvent, elle ne donne aucun symptôme.
L’utérus est un organe féminin situé dans le bassin, entre la vessie et le rectum. En forme de poire, il accueille et protège le fœtus durant une grossesse.
L’utérus est, chez la majorité des femmes, incliné vers l’avant et repose sur la vessie : il est antéversé. Mais il peut arriver qu’il penche vers l’arrière. Il est alors orienté vers le rectum, en position rétroversée.
L’utérus rétroversé n’est pas une anomalie ou une maladie à proprement parler. Il constitue simplement une variante anatomique qui peut être naturelle ou acquise. La plupart du temps, un utérus rétroversé n’a pas de conséquence sur la santé ou la fertilité. Mais il peut être source de gêne ou de douleurs pendant les rapports sexuels, les règles ou le premier trimestre de grossesse.
Antéversé, rétroversé, antéfléchi, rétrofléchi : comprendre son compte rendu d’échographie
Ces termes figurent souvent sur un compte rendu d’échographie ou de consultation. Ils décrivent deux choses différentes :
- la version, c’est-à-dire l’inclinaison de l’utérus par rapport au vagin, vers l’avant ou vers l’arrière ;
- la flexion, c’est-à-dire l’angle entre le corps de l’utérus et le col, plié vers l’avant ou vers l’arrière.
La position la plus fréquente associe un utérus antéversé et antéfléchi. Ces positions peuvent toutefois varier d’une femme à l’autre, et aucune d’elles n’est une maladie.
| Terme | Ce qu’il décrit | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|
| Antéversé | Utérus incliné vers l’avant, vers la vessie | Position la plus fréquente |
| Rétroversé | Utérus incliné vers l’arrière, vers le rectum | Variante normale, chez environ une femme sur cinq |
| Antéfléchi | Corps de l’utérus plié vers l’avant par rapport au col | Position la plus fréquente, souvent associée à un utérus antéversé |
| Rétrofléchi | Corps de l’utérus plié vers l’arrière par rapport au col | Variante de position |
Utérus « inversé » ou « à l’envers » : de quoi parle-t-on ?
Dans le langage courant, on parle parfois d’utérus « inversé », « à l’envers », « retourné » ou « renversé » pour désigner un utérus rétroversé, c’est-à-dire basculé vers l’arrière. Il s’agit alors de la même variante anatomique, sans gravité.
Il ne faut pas la confondre avec l’inversion utérine, au sens médical du terme. Il s’agit d’une complication rare de l’accouchement, au cours de laquelle le fond de l’utérus se retourne sur lui-même. Elle provoque une hémorragie importante et constitue une urgence, prise en charge immédiatement en salle de naissance. Elle n’a aucun lien avec un utérus rétroversé.
Col de l’utérus et vagin « rétroversés »
Les expressions « col rétroversé » ou « vagin rétroversé » reviennent souvent, mais elles ne correspondent pas à des termes médicaux. Le mot « rétroversé » décrit l’inclinaison de l’utérus par rapport au vagin, et non celle du vagin lui-même. Parler de « col rétroversé » revient donc, en pratique, à parler d’un utérus rétroversé.
Quelles sont les causes de l’utérus rétroversé ?
On distingue deux types d’utérus rétroversé : l’utérus rétroversé primaire et l’utérus rétroversé secondaire.
Utérus rétroversé primaire
Présent dès la naissance ou au cours du développement embryonnaire, il n’a pas de cause connue ni facteur de risque associé.
Utérus rétroversé secondaire
Il apparaît au cours de la vie à la suite d’un événement particulier capable de modifier sa position, comme une infection, un fibrome utérin, une endométriose, la ménopause, ou une chirurgie pelvienne.
Comment diagnostiquer un utérus rétroversé ?
Il est impossible de voir un utérus rétroversé à l’œil nu et la femme ne peut pas le percevoir elle-même. Il peut être repéré au cours d’un examen gynécologique traditionnel ou d’une consultation pour des douleurs pelviennes.
Le diagnostic est fait généralement sur la base d’un toucher vaginal qui permet au médecin traitant, à la sage-femme ou au gynécologue de palper l’utérus et de sentir sa position.
Une échographie pelvienne peut compléter les premiers examens et permettre de visualiser l’organe et son orientation.
Utérus rétroversé : symptômes et complications
Chez la plupart des femmes touchées, l’utérus rétroversé n’entraîne ni symptôme ni complication. Elles peuvent mener une vie tout à fait normale avec un utérus rétroversé, sans s’en rendre compte ni en souffrir.
Utérus rétroversé : douleurs pendant les règles et les rapports sexuels
Cependant, l’utérus rétroversé peut parfois provoquer des signes cliniques gênants comme des douleurs pelviennes à type de dysménorrhées (avant ou pendant les règles) ou de dyspareunies (douleurs pendant les rapports sexuels).
Ces douleurs s’expliquent par la position de l’utérus, plus proche du rectum et de la paroi arrière du vagin. Lors d’une pénétration profonde, l’utérus et le col peuvent ainsi être davantage sollicités : on parle de dyspareunie profonde.
Utérus rétroversé : constipation et douleurs intestinales
Certaines femmes ayant un utérus rétroversé rapportent une gêne digestive, comme une constipation ou des douleurs intestinales, notamment au cours du premier trimestre de leur grossesse. Des douleurs en allant à la selle, notamment pendant les règles, peuvent par ailleurs évoquer une endométriose et doivent être signalées à votre gynécologue.
Utérus rétroversé et endométriose
Dans la grande majorité des cas, un utérus rétroversé est une simple variante. Il peut toutefois être lié à une endométriose, lorsque des adhérences fixent l’utérus en arrière et le rendent moins mobile. Lors de l’examen gynécologique, un utérus peu mobile fait ainsi partie des signes qui peuvent orienter vers une endométriose. Des règles très douloureuses, des douleurs profondes pendant les rapports, des douleurs en allant à la selle, notamment pendant les règles, ou des douleurs pelviennes qui reviennent à chaque cycle justifient d’en parler à votre gynécologue.
| Ce que vous constatez | Ce qu’il faut faire |
|---|---|
| Aucun symptôme, utérus rétroversé découvert lors d’un examen | Rien de particulier : il s’agit d’une variante normale |
| Règles douloureuses ou douleurs pendant les rapports, gênantes au quotidien | En parler à votre gynécologue : des traitements existent |
| Règles très douloureuses, douleurs profondes pendant les rapports, douleurs en allant à la selle, notamment pendant les règles | Consulter : une endométriose doit être recherchée |
| Enceinte : difficulté ou impossibilité à uriner, douleurs dans le bas du ventre, surtout au 2e trimestre | Consulter en urgence : un enclavement de l’utérus est possible |
Quels traitements pour un utérus rétroversé ?
L’utérus rétroversé ne nécessite pas de traitement spécifique s’il ne provoque pas de symptôme ou de complication. Une surveillance habituelle par examen gynécologique suffit.
S’il est responsable de douleurs ou de gênes, plusieurs solutions peuvent être envisagées :
- des médicaments antalgiques ou anti-inflammatoires pour réduire les douleurs pendant les règles ou les rapports sexuels ;
- la prise de contraceptifs oraux (pilule) pour réduire les douleurs menstruelles en diminuant l’abondance et la douleur des règles et en régulant le cycle ;
- les changements de position pendant les rapports sexuels pour éviter de stimuler le col de l’utérus et diminuer les douleurs, en évitant les positions qui favorisent la pénétration profonde ;
- la chirurgie cœlioscopique, proposée en dernier recours, mais en de rares occasions, si l’utérus rétroversé entraîne de grosses douleurs et une gêne très invalidante.
Utérus rétroversé et grossesse
Avoir un utérus rétroversé n’empêche pas de tomber enceinte et de mener une grossesse à terme, dans la très grande majorité des cas sans difficulté particulière. Il ne peut pas modifier la fertilité en l’absence d’autres facteurs de risque, et vous pouvez très bien concevoir un enfant comme toutes les autres femmes.
L’utérus retrouve une position normale naturellement au cours du premier trimestre de grossesse, le plus souvent avant 14 semaines d’aménorrhée, à cause du volume, pour permettre au fœtus de se développer convenablement.
Mais en cas de doute ou de douleur persistante, il est conseillé de se rapprocher de son médecin traitant ou son gynécologue pour faire le point sur la situation.
L’utérus rétroversé n’altère pas la fertilité dans la majorité des cas
Dans la très grande majorité des cas, la position rétroversée de l’utérus ne réduit pas la capacité à concevoir. Ce phénomène anatomique est considéré comme une variante normale et ne constitue pas une cause d’infertilité en soi. Seules certaines pathologies associées à l’utérus rétroversé, comme des adhérences pelviennes ou une endométriose, peuvent affecter la fertilité.
Évolution de la position de l’utérus pendant la grossesse
Durant la grossesse, l’utérus augmente progressivement de volume pour permettre le développement du bébé. Cette croissance entraîne un redressement naturel de l’utérus, qui passe d’une position rétroversée à une position plus antéversée, le plus souvent avant 14 semaines d’aménorrhée. Cette modification est physiologique et facilite la croissance normale du fœtus.
Enclavement de l’utérus : une complication rare
Très rarement, dans environ une grossesse sur 3 000, l’utérus rétroversé ne parvient pas à se redresser en grossissant et reste coincé dans le petit bassin. On parle d’enclavement, ou d’incarcération, de l’utérus. Le signe le plus fréquent est une difficulté ou une impossibilité à uriner, parfois accompagnée de douleurs dans le bas du ventre ou d’une constipation. Cette situation survient le plus souvent au cours du deuxième trimestre. Elle nécessite une consultation en urgence, car un diagnostic rapide permet d’éviter les complications.
Impact de l’utérus rétroversé sur l’accouchement
L’utérus rétroversé n’empêche pas un accouchement par voie basse. Les professionnels de santé adapteront simplement la surveillance en fonction de la morphologie de chaque patiente.
L’utérus antéversé : une position normale et fréquente
Définition et caractéristiques de l’utérus antéversé
L’utérus antéversé est la position la plus courante de l’utérus chez la femme. Dans cette configuration, l’utérus est incliné vers l’avant, reposant légèrement sur la vessie. Cette position est considérée comme « normale » et ne présente aucun symptôme particulier.
Impact de l’utérus antéversé sur la fertilité et la grossesse
Contrairement à certaines idées reçues, la position antéversée de l’utérus n’a pas d’incidence négative sur la fertilité ni sur le déroulement de la grossesse. Elle n’entrave ni la conception ni le développement du fœtus. Lors d’une grossesse, l’utérus antéversé s’adapte naturellement, tout comme l’utérus rétroversé, en augmentant de volume et en modifiant sa position pour accueillir le bébé.
Différences entre utérus antéversé et utérus rétroversé
La différence principale entre utérus antéversé et rétroversé réside dans l’orientation de l’utérus par rapport au vagin et à la vessie. L’utérus antéversé bascule vers l’avant, tandis que le rétroversé s’incline vers l’arrière. Cette distinction est purement anatomique et n’a pas de conséquence directe sur la santé. Toutefois, des douleurs pendant les règles ou les rapports peuvent être plus fréquentes en cas d’utérus rétroversé.
Importance de connaître la position de son utérus
Connaître la position de son utérus peut aider à mieux comprendre certains symptômes. Lors de bilans gynécologiques, une échographie permet d’identifier cette position et d’écarter toute anomalie. En cas de doute ou de symptômes inhabituels, il est toujours conseillé de consulter un professionnel de santé.
Questions fréquentes sur l’utérus rétroversé
Un utérus rétroversé est-il grave ?
Non. Un utérus rétroversé est une variante anatomique, présente chez environ une femme sur cinq, et non une maladie. Le plus souvent, il ne donne aucun symptôme. Des règles très douloureuses ou des douleurs pendant les rapports doivent toutefois être signalées à votre gynécologue, car elles peuvent avoir une autre cause, comme une endométriose.
Comment savoir si on a un utérus rétroversé ?
Vous ne pouvez pas le savoir par vous-même. Un utérus rétroversé est le plus souvent découvert lors d’un examen gynécologique, par le toucher vaginal, ou lors d’une échographie pelvienne.
Un utérus rétroversé peut-il reprendre sa place ?
Un utérus rétroversé n’a pas besoin de « reprendre sa place » : c’est une variante normale de la position de l’utérus. Pendant la grossesse, il se redresse le plus souvent de lui-même avant 14 semaines d’aménorrhée, en prenant du volume.
Quelle est la différence entre un utérus antéversé et un utérus rétroversé ?
Un utérus antéversé est incliné vers l’avant, au-dessus de la vessie : c’est la position la plus fréquente. Un utérus rétroversé est incliné vers l’arrière, vers le rectum. Ces deux positions sont normales et, dans la grande majorité des cas, sans conséquence sur la santé.
Peut-on poser un stérilet avec un utérus rétroversé ?
Oui. Les critères médicaux d’éligibilité à la contraception ne contre-indiquent le stérilet qu’en cas de cavité utérine déformée. Un utérus rétroversé, qui correspond simplement à une variante de position, n’en fait pas partie.
Un utérus rétroversé complique-t-il l’accouchement ?
Un utérus rétroversé n’empêche pas d’accoucher par voie basse : pendant la grossesse, il se redresse le plus souvent de lui-même avant 14 semaines d’aménorrhée. L’équipe qui suit votre grossesse adapte la surveillance si besoin.
Un utérus rétroversé peut-il être lié à l’endométriose ?
Parfois. Un utérus rétroversé est le plus souvent une simple variante. Mais un utérus rétroversé peu mobile peut être lié à des adhérences dues à une endométriose. Des règles très douloureuses, des douleurs profondes pendant les rapports ou des douleurs en allant à la selle, notamment pendant les règles, justifient d’en parler à votre gynécologue.
Article rédigé et relu par le Dr Eric Sebban, chirurgien gynécologue et cancérologue au Centre de Chirurgie de la Femme Paris. Pour toute question, vous pouvez nous contacter.
Mis à jour le 07/10/2026 – Date de relecture médicale : 07/10/2026
Sources
- MedlinePlus – Retroversion of the uterus
- ESHRE – Recommandations sur l’endométriose (2022) ; version précédente : symptômes et examen clinique
- Han et al., BMC Pregnancy and Childbirth (2019) – Incarcération de l’utérus gravide
- Hostetler et Bosworth, Journal of the American Board of Family Practice (2000) – Uterine inversion
- Études : Mobile uterine retroversion is associated with dyspareunia and dysmenorrhea (2006) ; Acta Medica Alanya (2021)
- Critères médicaux d’éligibilité à la contraception (CDC) – stérilet et anomalies utérines
- Contemporary OB/GYN (2003) – Débat d’experts sur la chirurgie de suspension utérine
- Radiopaedia – Retroverted uterus ; Version and flexion of the uterus ; Incarcerated gravid uterus
- NHS – Endometriosis ; Period pain