Le pembrolizumab, commercialisé sous le nom de Keytruda, est devenu un traitement majeur en oncologie. Egalement appelé immunothérapie, le Pembrolizumab permet de traiter près de 20 000 patients en France, avec un coût remboursé par la Sécurité Sociale de 5 200 euros par injection en France.
Dans ce guide, nous examinons en détail ce traitement dont l’efficacité a déjà largement été démontrée à travers de nombreuses études cliniques. Notamment, les taux de réponses se sont révélés significativement améliorés avec le pembrolizumab par rapport à d’autres traitements, atteignant plus de 32%. Par ailleurs, nous aborderons son utilisation dans différents types de cancers, et plus précisément le cancer du sein et les cancers gynécologiques (l’endomètre, le col de l’utérus et cancer de l’ovaire).
Nous analyserons également les effets secondaires potentiels, son mode d’action sur le système immunitaire, les informations pratiques concernant son administration et son remboursement récemment étendu à quatre nouvelles indications par l’ANSM ( Agence nationale de sécurité du médicament)
Ce qu’il faut savoir sur le pembrolizumab
De façon générale, l’immunothérapie est devenue une des piliers fondamentaux dans la prise en charge de cancers.
Généralités sur l’immunothérapie
Contrairement à la chimiothérapie qui a une action visant à supprimer le processus de réplication des cellules tumorales en jouant sur l’ADN des cellules tumorales, l’immunothérapie consiste en la création d’anticorps monoclonaux. Les anticorps monoclonaux appelés anti-PD-1 (nivolumab, pembrolizumab), anti-PD-L1 (atezolizumab, durvalumab) ou anti-CTLA-4 (ipilimumab) en se fixant à des cibles précises vont réactiver la toxicité des cellules immunitaires appelées les TILS (lymphocytes T infiltrant la tumeur (TILs)). Cette approche marque un changement de paradigme en oncologie, permettant d’élargir l’arsenal théreputique proposé aux patients.
Nom, classe et mode d’administration du pembrolizumab
Commercialisé sous le nom de Keytruda par le laboratoire MSD (Merck Sharp & Dohme), le pembrolizumab appartient à la famille des anticorps monoclonaux humanisés. Plus précisément, il s’agit d’une immunoglobuline G4 (IgG4) qui se fixe spécifiquement au récepteur PD-1.
Son administration se fait exclusivement par voie intraveineuse, généralement toutes les trois semaines, sous forme de perfusion d’environ 30 minutes. La posologie standard est calculée en fonction du poids du patient ou parfois à dose fixe selon les indications. Ce traitement nécessite une surveillance médicale étroite et s’effectue en hôpital de jour.
Quel impact en oncologie ?
Le pembrolizumab constitue une alternative thérapeutique intéressante que l’on propose aujourd’hui à des cancers qui échappaient aux différentes thérapeutiques couramment utilisées. Son mécanisme d’action unique permet d’obtenir une amélioration de la survie globale et la survie sans récidive .
Il expose en revanche à des effets secondaires qui sont encore différents de ceux que l’on peut observer lors de l’administration d’une chimiothérapie notamment le risque de développer des pathologie auto immunes (dysthyroïdie, insuffisance surrénalienne …)
Quel est son mécanisme d’action ?
Le rôle du récepteur PD-1
PD-1 (pour Programmed cell Death protein 1) est une protéine présente à la surface des cellules immunitaires, les lymphocytes T, et est une composante du point de contrôle immunitaire PD-1/PD-L1.
Le lymphocyte T peut interagir via PD-1 avec une cellule tumorale présentant PD-L1 à sa surface. Cette interaction inactive le lymphocyte T et par conséquent, inactive un des mécanismes de défense du système immunitaire contre les cellules tumorales.
La liaison PD-1/PD-L1 occupe donc un rôle central dans l’efficacité du système immunitaire.
Le pembrolizumab est un anticorps monoclonal humain qui se fixe spécifiquement au récepteur PD-1 avec une haute affinité. En bloquant l’interaction entre PD-1 et ses ligands, il empêche la transmission du signal inhibiteur.
Ainsi, le traitement par pembrolizumab permet de :
- Lever l’inhibition des lymphocytes T
- Restaurer leur activité cytotoxique
- Augmenter la production de molécules et tout une cascade d’interaction immunitaire appelées entre autres interféron gamma et d’autres cytokines.
Impact sur la croissance tumorale
En réactivant les lymphocytes T, le pembrolizumab renforce la capacité du système immunitaire à reconnaître et éliminer les cellules tumorales. Cette approche est particulièrement interessante et prometteuse dans certains cancers gynécologiques comme le cancer du sein, l’endomètre ou du col de l’utérus, là où l’expression de PD-L1 est souvent élevée.
Lire également notre article sur le traitement contre le cancer du sein : le Létrozole (Femara)
Dans quels cancers est-il utilisé ?
Le pembrolizumab figure aujourd’hui parmi les immunothérapies les plus utilisées.
Utilisation en première ou deuxième ligne
Le pembrolizumab peut être administré comme traitement de première ligne dans plusieurs cancers, notamment certains cancers gynécologiques. Par exemple, dans le cancer du col de l’utérus avancé, persistant ou récurrent, il est utilisé en première intention en association avec la chimiothérapie. Pour d’autres indications, comme certains cancers urologiques, il intervient après échec d’une chimiothérapie à base de sels de platine. Son usage se définit selon le stade du cancer, la présence de biomarqueurs spécifiques et les traitements antérieurs reçus.
Monothérapie ou en association
Selon le type de cancer et le contexte clinique, le pembrolizumab s’utilise soit seul (monothérapie), soit combiné à d’autres traitements.
Cas spécifiques : cancer du sein triple négatif, endomètre, col de l’utérus
Pour le cancer du sein triple négatif, le pembrolizumab est indiqué en association avec la chimiothérapie avant la chirurgie (traitement néoadjuvant), puis en monothérapie après l’opération (traitement adjuvant). Concernant le cancer de l’endomètre, le pembrolizumab a été validé en combinaison avec carboplatine et le paclitaxel pour le traitement de première ligne.
Quel pré requis avant d’initier cette thérapeutique
Avant de débuter un traitement par pembrolizumab, plusieurs éléments essentiels méritent votre attention. Ces informations vous aideront à mieux comprendre ce qui vous attend durant votre parcours thérapeutique.
Effets secondaires
Le pembrolizumab peut entraîner des réactions immunitaires comme expliqué précédemment notamment auto immunes. Les effets secondaires les plus courants incluent :
- Fatigue (environ 30% des patients)
- Éruptions cutanées (15-20%)
- Diarrhées (12-15%)
- Nausées et diminution de l’appétit (10-15%)
Des effets plus graves comme les pneumopathies, colites, hépatites ou endocrinopathies surviennent chez 5 à 10% des patients. Ces réactions, bien que potentiellement sévères, sont généralement réversibles à l’arret du traitement
Surveillance rapprochée
Un suivi régulier clinique et biologique par un oncologue est indispensable durant le traitement. La surveillance de la fonction rénale, hépatique, thyroidienne rénale et de la formule sanguine sont indispensables.
En France, l’administration de pembrolizumab bénéficie d’une prescription hospitalière et est uniquement prscrits par des oncologues. Son utilisation est encadrée par les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) et nécessite des examens préalables, dont l’évaluation du statut PD-L1 tumoral pour confirmer la bonne utilisation.
Pour conclure
Le pembrolizumab s’ajoute à l’arsenal thérapeutique déjà important pour la prise en charge de nombreux cancers du sein et gynécologiques. Son mécanisme d’action couplant des anticoprs monoclonaux humains, permet d’améliorer la survie globale et la survie sans récidive dans de nombreux cancers.
Il convient de souligner qu’il expose à de nombreuses complications notamment auto immunes et nécessite une surveillance clinico biologique par les oncologues. Il est largement utilisé dans le cancer du sein triple négatif, le cancer de l’endomètre et celui du col de l’utérus.
