L’identification des facteurs de risque du cancer de l’ovaire est un enjeu central de sa prise en charge. Elle permet tant de mettre en œuvre des stratégies de prévention que des protocoles de surveillance des personnes à risque pour favoriser un diagnostic précoce.
De fait, malgré les progrès de la médecine oncologique, le cancer de l’ovaire présente encore un pronostic sombre, car il est souvent détecté à un stade trop avancé pour bénéficier d’un traitement optimal.
Les différents facteurs de risque du cancer de l’ovaire
Le cancer de l’ovaire est le septième cancer le plus répandu chez la femme dans le monde. Il en existe différents types, dont le plus commun est le cancer épithélial, qui représente environ 90 % de tous les cancers de l’ovaire.
Les différents facteurs pouvant accroître le risque de développer des tumeurs ovariennes malignes peuvent être démographiques, génétiques, ou encore liés à la fonction reproductrice, à des maladies concomitantes ou à certains traitements hormonaux ou médicaux.
Cancer de l’ovaire : les facteurs de risque démographiques
L’âge est un des principaux facteurs de risque du cancer de l’ovaire. Les tumeurs épithéliales ovariennes sont considérées comme des maladies post-ménopause.
Le risque est augmenté à partir de 65 ans, et la plupart des diagnostics sont posés entre 50 et 79 ans.
Cancer de l’ovaire : les facteurs de risque reproductifs
Différentes études ont mis en évidence un lien entre le cycle menstruel et les risques de développer un cancer de l’ovaire.
De fait, le mécanisme d’ovulation tend à endommager l’enveloppe épithéliale des ovaires, augmentant les risques de tumeurs ovariennes.
Aussi, l’ovulation continue peut être considérée comme un facteur de risque, alors que les interruptions d’ovulation, qui surviennent notamment lors des grossesses, de la lactation ou de la prise de certains contraceptifs, joueraient un rôle protecteur.
On estime toutefois que les interruptions d’ovulation d’origine pathologique pourraient, à l’inverse, accroître le risque de cancer de l’ovaire.
Bien que ces hypothèses soient parfois évoquées, des premières menstruations précoces et/ou une ménopause tardive ne semblent pas associées à un risque augmenté de cancer de l’ovaire.
Cancer de l’ovaire : les facteurs de risque gynécologiques
Certaines maladies inflammatoires de l’appareil reproducteur pourraient jouer un rôle dans la survenue du cancer de l’ovaire.
C’est notamment le cas de l’endométriose qui semble associée aux tumeurs ovariennes par des mécanismes variés. Le cancer de l’ovaire associé à l’endométriose est souvent diagnostiqué à un stade plus précoce, et offre un meilleur pronostic.
Parmi les complications de la grossesse, la prééclampsie est également associée à un risque de cancer de l’ovaire accru.
Cancer de l’ovaire : les facteurs de risque iatrogènes
On appelle iatrogènes les facteurs de risque résultant d’un traitement ou d’un acte médical.
Certaines molécules, comme le danazol utilisé dans la prise en charge de l’endométriose, sont associées à un risque plus élevé de tumeurs ovariennes.
De même, alors que l’hystérectomie (ablation de l’utérus) apparaît comme protectrice, la salpingo-ovariectomie unilatérale (ablation de l’ovaire et de la trompe de Fallope) pourrait accroître jusqu’à 4 fois le risque de développer une tumeur de l’ovaire restant.
Les traitements post-ménopause reposant sur une utilisation d’œstrogènes de synthèse sans progestérone sont également associés à un risque accru de cancer de l’ovaire.
Cancer de l’ovaire : les facteurs de risque génétiques
Un historique familial de cancer de l’ovaire constitue un facteur de risque avéré. On considère qu’environ 25 % des cancers de l’ovaire présentent une dimension familiale.
L’existence de cancers du sein et de cancers de l’utérus chez les parentes proches (mère et/ou sœur) est également considérée comme un facteur de risque de cancer de l’ovaire.
Entre 65% et 85% des cancers de l’ovaire héréditaires sont provoqués par des mutations des gènes BRCA, également impliquées dans le développement de certains cancers du sein.
Souffrir d’un cancer du sein héréditaire ou d’un syndrome de Lynch (cancer colorectal héréditaire) accroît également les risques de développer une tumeur ovarienne maligne.
Prévention du cancer de l’ovaire
La prévention du cancer de l’ovaire consiste à éviter ses facteurs de risque évitables, et à surveiller les profils à risque afin qu’ils puissent bénéficier d’un diagnostic précoce, s’ils venaient à développer la maladie.
Parmi les facteurs de risque évitables, on retrouve la prise de traitements hormonaux post-ménopause et de contraceptifs à base d’œstrogènes sans progestérone combinée, et les régimes riches en gras saturés.
Les patientes présentant des facteurs de risque non évitables (génétiques, démographiques, gynécologiques…) devraient évoquer ces questions avec leur médecin pour évaluer leur niveau de risque et établir un protocole de surveillance adapté.
L’identification des facteurs de risque a également permis de mettre en exergue des facteurs protecteurs réduisant les risques de souffrir d’un cancer de l’ovaire un jour.
Parmi eux, on retrouve notamment les mécanismes qui interrompent l’ovulation. Les grossesses, l’allaitement et la prise de contraceptifs oraux ont une fonction protectrice.
Une étude a ainsi démontré que les femmes n’ayant pas eu d’ovulation durant 8,7 ans voyaient leur risque de cancer de l’ovaire diminué par 4.
Les contraceptifs oraux combinant œstrogènes et progestérone pourraient réduire le risque de cancer de l’ovaire de 7 %, et ce jusqu’à 10 à 15 ans après l’arrêt du traitement. Leur effet protecteur serait plus marqué lorsqu’ils sont utilisés avant l’âge de 25 ans.
La ligature des trompes, habituellement pratiquée à des fins de contraception, est également associée à une diminution de 20 % des risques de carcinomes séreux de haut grade.
L’effet protecteur de cette intervention est attribué à l’effet de barrière mécanique créée par la ligature, qui pourrait entraver la circulation d’agents cancéreux vers les ovaires.
Lire également notre article sur la radiothérapie dans le traitement du cancer des ovaires.
Les signes de cancer de l’ovaire
Les chances de guérison du cancer de l’ovaire reposent avant tout sur un diagnostic précoce, qui fait aujourd’hui défaut dans la prise en charge de cette maladie.
De fait, le cancer de l’ovaire est volontiers une maladie silencieuse, qui progresse sans provoquer de symptômes, et ne se fait sentir que lorsque la tumeur a pris de l’ampleur et atteint un stade plus délicat à traiter.
Par ailleurs, les symptômes du cancer de l’ovaire ne sont pas spécifiques et peuvent être confondus avec une variété de pathologies moins graves. Pour bénéficier d’un diagnostic précoce, il est essentiel de consulter au plus tôt en cas de doute.
La plupart des femmes atteintes d’un cancer de l’ovaire présentent une ascite (liquide dans l’abdomen) et des désordres gastro-intestinaux (constipation, diarrhée, nausées, reflux, etc.).
Parmi les autres symptômes, on peut observer des ballonnements, des douleurs abdominales et/ou pelviennes, de la fatigue et une respiration courte, habituellement provoquée par l’ascite.
Les carcinomes à petites cellules et à cellules claires peuvent provoquer des symptômes plus précoces, dont l’hypercalcémie.
