L’utilisation de Capécitabine (Xeloda) dans le cancer du sein s’est élargie ces dernières années en traitement adjuvant ou en cas de maladie métastatique. Certaines études montrent une vraie capacité à prolonger le contrôle de la maladie pour certaines patientes, notamment après un traitement initial difficile. Ce médicament oral, pris en cures, présente néanmoins des effets secondaires. Mais ceux-ci sont prévisibles et bien décrits dans les référentiels officiels. Les spécialistes du CCFP vous expliquent comment agit le traitement de Capécitabine (Xeloda) sur le cancer et pourquoi il est important de respecter le suivi rapproché.
Qu’est-ce que la Capécitabine (Xeloda) ?
La Capécitabine est donnée sous une forme inactive. L’organisme la transforme progressivement en 5-FU, surtout dans les zones où la thymidine-phosphorylase est plus abondante, comme les tissus tumoraux. Le 5-FU bloque alors la synthèse de l’ADN et de l’ARN, ce qui freine la division des cellules tumorales et finit par les détruire. Ce mécanisme, très dépendant de cette conversion locale, explique son usage en oncologie.
Toutes les tumeurs ne réagissent pas de la même manière au Xeloda. Dans les tumeurs triples négatives, la réponse paraît plus marquée, possiblement liée à une activation plus élevée du 5-FU.
À savoir
Les toxicités sévères qui apparaissent de façon précoce (stomatite, diarrhées, neutropénie, atteintes neurologiques) peuvent être liées à un déficit en DPD. La DPD sert à dégrader le 5-FU. En cas de déficit, le médicament s’accumule et les toxicités arrivent vite, parfois dès les premiers comprimés. Son dépistage est désormais obligatoire avant toute première prise.
Dans quels cancers du sein utilise-t-on la Capécitabine (Xeloda) ?
La Capécitabine (Xeloda) peut être proposée :
- En cas de maladie métastatique (cancer du sein stade 4)
- Comme traitement après une chirurgie du sein
- En cas de maladie résiduelle après une chimiothérapie initiale
Son utilisation varie selon le statut des récepteurs hormonaux, le caractère agressif de la tumeur et le protocole de soins personnalisé décidé en RCP.
Capécitabine (Xeloda) comme traitement adjuvant après la chirurgie
Dans les cancers du sein à récepteurs hormonaux négatifs, les études retrouvent un bénéfice modéré en adjuvant, avec une légère amélioration de la survie. Les tumeurs triples négatives réagissent davantage car les récidives et les décès diminuent de manière plus visible. (Cochrane)
À savoir
L’essai FinXX, avec un suivi de plus de 15 ans, montre une amélioration de la survie globale de 19 % chez les patientes traitées par Capécitabine (Xeloda) en combinaison, avec un bénéfice particulièrement net dans les formes triples négatives (Journal of Clinical Oncology).
Capécitabine et cancers du sein triple négatifs
Selon la Fondation ARC, près de 60 % des tumeurs résiduelles répondent mieux au Xeloda lorsqu’elles produisent davantage les enzymes qui activent le 5-FU. On retrouve ce profil dans certaines tumeurs qui n’ont pas complètement répondu aux traitements par taxanes ou anthracyclines.
Quels sont les effets secondaires de la Capécitabine (Xeloda) ?
Les effets secondaires de la Capécitabine sont fréquents, ils sont donc bien expliqués dans les référentiels sur les chimiothérapies orales. Leur sévérité peut cependant varier selon les doses, l’état de santé général de la patiente et l’existence ou non d’un déficit partiel en DPD. Voici les plus fréquents :
Effets secondaires digestifs de la Capécitabine
- Diarrhée, parfois sévère
- Nausées/vomissements avec intensité variable
- Stomatites et irritations buccales
- Risque de déshydratation en cas d’épisodes rapprochés
Capécitabine : Syndrome main-pied et toxicités cutanées
Le syndrome main-pied est fréquent avec des rougeurs, une sensation de chaleur, des fissures et une gêne à la marche. Une hydratation régulière des extrémités réduit nettement la gêne. Les équipes du CCFP rappellent que l’interruption temporaire de la Capécitabine (Xeloda) est nécessaire en cas d’atteinte sévère, avec une reprise à dose réduite si les symptômes régressent.
Fatigue, douleurs, signes généraux
La fatigue peut s’installer au fil des cycles. Une évaluation régulière est recommandée tout le long du traitement, avec des examens pour une recherche d’anémie, de troubles électrolytiques ou d’infection éventuelle. Des douleurs diffuses peuvent aussi apparaître selon les patientes.
Toxicités hématologiques de la Capécitabine et risque infectieux
Une neutropénie peut survenir et doit être surveillée. La présence de fièvre nécessite un avis médical en urgence. En cas de thrombopénie sévère, la présence de bulles hémorragiques nécessite une prise en charge immédiate.
Lire également notre article sur le traitement du cancer du sein par Létrozole (Femara)
Quelle est la durée de traitement par Capécitabine (Xeloda) ?
La Capécitabine (Xeloda) est généralement administrée en cures de 14 jours sur 21, mais les adaptations sont fréquentes selon la tolérance, l’âge, les comorbidités ou l’objectif du traitement.
En présence d’un cancer du sein avec métastases, les traitements peuvent même durer sur plusieurs mois si la maladie est bien contrôlée. Après une chirurgie, la durée dépend de la prise en charge thérapeutique définie en RCP avec les médecins du CCFP.
Quelle est l’efficacité de la Capécitabine (Xeloda) dans le traitement du cancer du sein ?
L’efficacité de la Capécitabine varie selon la situation. Dans les formes métastatiques RH+, on observe un ralentissement modéré de la progression. En tant que traitement adjuvant, le bénéfice est discret sauf dans les cancers triples négatifs où l’effet est nettement plus visible. Et dans les cancers triples négatifs qui n’ont pas complètement disparu après la chimiothérapie initiale, environ 60 % montrent une sensibilité plus forte selon leur profil enzymatique. Utilisée avant la chirurgie, la Capécitabine n’apporte pas de bénéfice particulier, quel que soit le profil tumoral (Cochrane).
Questions fréquentes sur le traitement par Capécitabine (Xeloda) du cancer du sein
Quand la Capécitabine (Xeloda) commence-t-elle à faire effet ?
Le contrôle tumoral est évalué au fil des cycles. Les premières réponses sont souvent analysées après 2 à 3 cycles, selon l’évolution clinique et l’imagerie.
Capécitabine : quels effets secondaires doivent faire consulter rapidement ?
Fièvre, diarrhée sévère, déshydratation, douleurs abdominales persistantes, stomatite sévère, essoufflement, hémorragies, confusion ou signes neurologiques inhabituels. Ces symptômes peuvent révéler une toxicité importante.
Le Xeloda peut-il être efficace sur des métastases osseuses ?
Oui, la Capécitabine (Xeloda) fait partie des chimiothérapies utilisées pour un cancer métastatique, y compris en cas d’atteinte osseuse. L’efficacité dépend du profil de la maladie et des traitements précédents.
Xeloda : la guérison est-elle possible ?
La guérison ne dépend pas du médicament seul, mais de la stratégie globale. Mais en traitement adjuvant, le Xeloda améliore surtout la survie dans les cancers triples négatifs et à récepteurs hormonaux négatifs, lorsque les autres traitements ont été réalisés.