La radiothérapie n’intervient pas toujours dans la prise en charge du cancer de l’ovaire, malgré son importance centrale dans la lutte contre de multiples maladies cancéreuses.
Elle est le plus souvent mobilisée en cas de cancer récidivant, notamment de métastases inéligibles à un traitement chirurgical et/ou résistantes à la chimiothérapie, ou bien dans la prise en charge de cancers de l’ovaire rares, comme le carcinome à petites cellules.
Radiothérapie et types de cancers de l’ovaire
Le cancer de l’ovaire est une maladie de l’appareil reproducteur féminin rare, qui représente environ 3 % de tous les cancers féminins, mais 5 % des causes de décès par cancer.
Le diagnostic souvent tardif de la maladie, et sa localisation propice à l’envahissement d’organes voisins, en font, en effet, une pathologie qui demeure délicate à prendre en charge, malgré les progrès constants de la médecine oncologique. De fait, plus de 75 % des cancers de l’ovaire sont décelés à un stade localement avancé, où ils se sont déjà propagés aux tissus avoisinants le site de la tumeur primitive.
Il existe différents types de cancers de l’ovaire, le plus commun étant le carcinome épithélial séreux, qui représente environ 90 % de toutes les tumeurs ovariennes malignes, suivi des tumeurs stromales et germinales.
Le type de cancer diagnostiqué est déterminant dans l’élaboration du protocole thérapeutique le mieux adapté au cas par cas et du pronostic de chaque patiente. En cas de carcinome épithélial de l’ovaire de stade localement avancé, il est rare que la radiothérapie fasse partie du protocole thérapeutique.
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Radiothérapie du cancer de l’ovaire : historique et indications actuelles
Historiquement, la radiothérapie a longtemps tenu un rôle central dans la prise en charge des cancers précoces de l’ovaire, bien que les preuves de ses bénéfices n’aient jamais fait consensus. Le carcinome épithélial présentant une sensibilité à la radiothérapie, l’irradiation était couramment administrée à la suite d’une ablation chirurgicale, dans l’optique de détruire les cellules cancéreuses restantes et de réduire les risques de récidive. Faute d’amélioration significative des taux de survie chez les patientes bénéficiant d’une radiothérapie adjuvante, ce protocole de traitement a été abandonné, sauf dans des cas particuliers, notamment de cancers résistants aux chimiothérapies.
Aujourd’hui, à l’ère de la chimiothérapie, le rôle de la radiothérapie dans la prise en charge du cancer de l’ovaire a évolué. Elle est plus volontiers supplantée par les traitements systémiques (chimiothérapies) à titre de thérapie adjuvante, lesquels peuvent offrir des résultats similaires, pour une toxicité moindre. La radiothérapie demeure toutefois indiquée dans la prise en charge de certaines tumeurs rares de l’ovaire (tumeurs à cellules claires, tumeurs à petites cellules, etc.) et de maladies oligométastatiques.
On parle de maladies oligométastatiques pour désigner un stade entre le cancer localement avancé et le cancer métastatique. La tumeur s’est alors disséminée dans l’organisme, mais n’a pas encore produit de métastases diffuses. Les métastases détectées sont isolées et peu nombreuses, potentiellement éligibles à des traitements locaux (chirurgie et radiothérapie).
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Radiothérapie du cancer de l’ovaire : les modalités
La radiothérapie est un traitement indolore et non abrasif, qui ne nécessite aucune anesthésie durant les séances d’irradiation.
C’est, en revanche, un traitement qui peut être éprouvant, tant du fait de ses effets secondaires que de ses modalités d’administration impliquant de nombreuses séances et tout autant de déplacements en centre de radiothérapie.
Déroulement de la radiothérapie de l’ovaire
Une séance de radiothérapie dure environ une quinzaine de minutes. Il convient de rester parfaitement immobile sur la table médicale durant toute la séance d’irradiation. Des systèmes de contention peuvent vous aider à demeurer immobile.
L’administration des irradiations ne brûle pas ni ne provoque de douleurs, et ne vous rend pas radioactive. Vous pouvez côtoyer vos proches sans danger dès la fin de la séance.
Nombre de séances de radiothérapie de l’ovaire
Le nombre de séances de radiothérapies administrées en cas de cancer de l’ovaire est déterminé au cas par cas en fonction du profil de chaque patiente, des caractéristiques de chaque tumeur, des objectifs recherchés et des techniques d’irradiation utilisées.
De manière générale, le protocole de référence consiste en 24 séances étalées sur 5 semaines à raison d’une séance par jour, avec une pause de deux jours consécutifs, habituellement le week-end.
Il existe toutefois des protocoles de radiothérapie ne comprenant qu’une seule séance, tout comme il en existe qui en comptent plus de 24.
Bien que la radiothérapie ne soit pas le traitement principal, elle peut contribuer à améliorer la qualité de vie et, dans certains cas, à prolonger l’espérance de vie selon les stades du cancer des ovaires et la réponse individuelle aux traitements.
Radiothérapie de l’ovaire : les effets secondaires
Les effets secondaires de la radiothérapie de l’ovaire sont provoqués par la toxicité du traitement qui détériore les tissus sains aussi bien que les tissus cancéreux.
La nature, la durée, le délai d’apparition et l’intensité des effets secondaires ressentis par les patientes bénéficiant d’une radiothérapie peuvent grandement varier d’une personne à une autre. Elles dépendent à la fois des organes irradiés, des doses administrées et du profil de chaque patiente.
Il est important de noter que certains effets secondaires de la radiothérapie peuvent apparaître des mois ou des années après la fin du traitement, alors que d’autres peuvent être immédiats.
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Typiquement, la radiothérapie peut engendrer une fatigue intense, des nausées, des vomissements, une perte d’appétit et une perte de poids. En cas de cancer de l’ovaire, plus particulièrement, les irradiations se concentrent sur la zone abdominale, et les effets secondaires concernent couramment les organes digestifs, urinaires et sexuels.
On peut notamment observer des ballonnements, des irritations vaginales, des dyspareunies, une ménopause précoce, ou encore des troubles de la miction.
