Le cancer du sein est le cancer le plus courant chez la femme en France. Globalement, il s’agit d’un cancer aux chances de survie encourageantes à 5 et à 10 ans, grâce notamment aux améliorations de prise en charge thérapeutique et diagnostique. Par ailleurs, le dépistage systématique organisé permet de découvrir la présence de la maladie à un stade précoce, ce qui améliore le pronostic.
Taux de survie du cancer du sein - les critères:
Le pronostic du cancer du sein évalue le comportement de la maladie et sa capacité de réaction aux thérapeutiques. Il est réalisé par un médecin ou une équipe pluridisciplinaire de médecins spécialisés dans le cancer du sein, de manière conjointe. Il permet de déterminer les chances de survie du patient face à la maladie.
Pour réussir à déterminer un pronostic, plusieurs critères sont pris en compte. On en distingue deux catégories :
- Les facteurs pronostiques : comme le stade de la maladie, ses caractéristiques, l’état de santé général du patient, ses antécédents personnels et familiaux, la façon dont la tumeur réagit aux différents traitements, le type de parcours de soins, etc.
- Les facteurs prédictifs : comme l’estimation de la capacité à réagir aux traitements.
L’analyse de ces deux catégories permet de choisir un plan de traitement adapté au cancer du sein présent.
Tous les facteurs que les médecins utilisent pour faire une estimation des chances de survie du cancer du sein diffèrent selon le type de cancer (s’agit-il d’une pathologie de diagnostic récent ? d’un premier cancer ? d’une récidive ? etc.).
Qu’est-ce que l’incidence du cancer du sein ?
L’incidence d’un cancer désigne la fréquence d’un type de cancer et le nombre de personnes touchées par la maladie. Pour le cancer du sein, l’incidence diffère énormément selon l’âge des femmes au moment du diagnostic.
La plupart des tumeurs mammaires apparaissent à partir de la cinquantaine, et l’âge moyen au moment du diagnostic était de 63 ans en 2012 (vs 61 ans en 2005). Avant cet âge moyen de 50 ans, l’incidence est de 20 % chez les moins de 50 ans et de 10 % chez les moins de 40 ans.
Toujours en 2012, l’âge médian de décès des patientes touchées par un cancer du sein était de 73 ans (vs 71 ans en 2007).
On peut donc observer un recul de l’âge moyen au moment du diagnostic et du décès.
En savoir plus sur le cancer du sein chez la femme âgée
Taux de mortalité des tumeurs du sein
Le taux de mortalité du cancer du sein est en diminution de 1,3 % par rapport à 1990 grâce aux campagnes de dépistage organisé du cancer du sein qui permettent de diagnostiquer le cancer au plus tôt, mais aussi grâce aux progrès de la médecine concernant les traitements.
Les statistiques récentes estiment qu’une femme sur 10 sera touchée par un cancer du sein dans sa vie, et qu’une femme sur 25 décèdera des causes de cette pathologie.
Les chiffres montrent également les inégalités concernant le nombre de patientes touchées par le cancer du sein à travers les différents territoires français. Par exemple, l’incidence est supérieure en Centre-Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine, région PACA ou Occitanie, alors qu’en Bretagne et en Île-de-France, on observe des chiffres inférieurs.
Les facteurs qui influencent les chances de guérison du cancer du sein
Le pronostic et les chances de guérison d’une tumeur mammaire sont donc directement influencés par différents facteurs pronostiques et prédictifs, comme :
La taille de la tumeur
La taille de la tumeur est aussi un facteur pronostique déterminant pour estimer les chances de guérison du cancer du sein. Une tumeur de 1 cm, sans envahissement ganglionnaire, sera de meilleur pronostic qu’une tumeur supérieure à 4 cm avec extension aux ganglions.
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Le grade du cancer du sein
Face à une tumeur de bas grade, le pronostic sera meilleur, car cela signifie que la tumeur évolue plus lentement et qu’elle est moins propice à se propager.
L’envahissement ganglionnaire
S’il existe une propagation du cancer mammaire aux ganglions lymphatiques lors du diagnostic, les chances de survie sont moins élevées et il existe un risque plus important de récidive de la maladie. Par ailleurs, le nombre de ganglions touchés est aussi une composante essentielle pour déterminer le risque de rechute (plus de ganglions atteints = plus de risques de récidive).
Lire aussi notre article sur la chirurgie ganglionnaire du cancer du sein
Le statut RH et Her2
Le statut des récepteurs hormonaux et de la protéine Her2 est analysé sur le prélèvement biopsie mammaire par le laboratoire d’anatomopathologie.
Un cancer du sein Her2+ signifie qu’il existe une protéine sur les cellules cancéreuses qui prolifère de façon anormale. Il s’agit alors souvent d’une tumeur plus agressive à haut risque de propagation et de rechute après traitement, avec un pronostic moins favorable.
Si le cancer du sein à des récepteurs hormonaux positifs (RH+), le risque de propagation de la maladie est plus faible, et votre médecin peut vous proposer une hormonothérapie dans le cadre de la stratégie thérapeutique du cancer du sein.
L’âge au moment du diagnostic
Souvent, le pronostic du cancer du sein est moins favorable chez les patientes jeunes, âgées de moins de 35 ans. En cause : les tumeurs retrouvées sont habituellement plus agressives, et le diagnostic intervient à un stade plus avancé de la maladie, contrairement aux femmes ménopausées.
Les stades de la maladie
Le stade du cancer du sein est le facteur majeur pris en compte pour déterminer le taux de survie de la maladie. Si la tumeur est découverte à un stade précoce, le risque de récidive du cancer du sein est plus faible. Par contre lorsque le diagnostic est réalisé à un stade avancé, le pronostic est moins favorable.
Stade 1 du cancer du sein : Traitement et taux de survie du cancer
Le cancer du sein de stade 1, considéré comme précoce, englobe les carcinomes canalaires et lobulaires classés en stades 1a et 1b. Il se caractérise par une tumeur localisée, mesurant généralement moins de 2 cm, sans extension ganglionnaire significative. Le traitement repose sur une stratégie personnalisée, adaptée aux spécificités de la tumeur.
Chirurgie et traitements complémentaires
La chirurgie constitue le pilier du traitement. Lorsque cela est possible, une tumorectomie (ou mastectomie partielle) est privilégiée, permettant de conserver une partie du sein tout en retirant la tumeur avec une marge de sécurité. En cas de tumeurs multiples ou de marges positives, une mastectomie totale peut être nécessaire. La technique du ganglion sentinelle est souvent utilisée pour évaluer l’atteinte ganglionnaire, évitant ainsi un curage axillaire systématique.
La radiothérapie externe est généralement recommandée après une chirurgie conservatrice, ciblant le sein et les ganglions lymphatiques adjacents. Elle peut être omise après une mastectomie totale, sauf en présence de ganglions positifs.
Thérapies systémiques
L’hormonothérapie est indiquée pour les tumeurs exprimant des récepteurs hormonaux positifs (RH+). Le tamoxifène est couramment prescrit, parfois suivi ou remplacé par des inhibiteurs de l’aromatase, notamment chez les femmes ménopausées. La chimiothérapie n’est pas systématique mais peut être envisagée en cas de risque élevé de récidive. Pour les tumeurs HER2+, des thérapies ciblées comme le trastuzumab (Herceptin) peuvent être associées à la chimiothérapie.
Pronostic
Grâce à une détection précoce et à une prise en charge adaptée, le taux de survie à 5 ans pour le cancer du sein de stade 1 approche les 100 %
Stade 2 du cancer du sein : Prise en charge et chances de guérison
Le cancer du sein de stade 2 est subdivisé en deux catégories : le stade 2A, caractérisé par une tumeur de moins de 5 cm avec atteinte de 1 à 3 ganglions axillaires ou des ganglions mammaires internes, et le stade 2B, où la tumeur dépasse 5 cm sans atteinte ganglionnaire, ou mesure entre 2 et 5 cm avec atteinte de 1 à 3 ganglions axillaires.
Options thérapeutiques
La prise en charge repose sur une combinaison de traitements adaptés aux caractéristiques de la tumeur et à l’état de santé de la patiente. La chirurgie est souvent la première étape, visant à retirer la tumeur. Elle peut être suivie d’une radiothérapie, notamment après une chirurgie conservatrice, pour éliminer les cellules cancéreuses résiduelles.
La chimiothérapie est fréquemment proposée, soit avant la chirurgie (néoadjuvante) pour réduire la taille de la tumeur, soit après (adjuvante) pour diminuer le risque de récidive. L’hormonothérapie est indiquée pour les tumeurs exprimant des récepteurs hormonaux positifs (RH+), avec des traitements tels que le tamoxifène ou les inhibiteurs de l’aromatase, en fonction du statut ménopausique de la patiente.
Pour les tumeurs surexprimant la protéine HER2, des thérapies ciblées comme le trastuzumab peuvent être intégrées au traitement.
Pronostic
Grâce à une détection précoce et à une prise en charge adaptée, le taux de survie à 5 ans pour le cancer du sein de stade 2 est estimé à environ 93 %
Stade 3 du cancer du sein : Traitement, évolution et espérance de survie
Le cancer du sein de stade 3 est considéré comme localement avancé, se caractérisant par une extension significative aux tissus voisins ou aux ganglions lymphatiques. Il est subdivisé en trois catégories :
- Stade 3A : Tumeur de n’importe quelle taille avec atteinte de 4 à 9 ganglions axillaires ou des ganglions mammaires internes.
- Stade 3B : Tumeur ayant envahi la paroi thoracique ou la peau, pouvant être associée à un cancer inflammatoire du sein.
- Stade 3C : Atteinte de 10 ganglions axillaires ou plus, ou propagation aux ganglions sous-claviculaires, sus-claviculaires et mammaires internes.
Options thérapeutiques
Le traitement du cancer du sein de stade 3 repose sur une approche multimodale, adaptée aux caractéristiques spécifiques de la tumeur et à l’état de santé de la patiente. Les principales options thérapeutiques comprennent :
- Chimiothérapie : Souvent administrée en première intention (néoadjuvante) pour réduire la taille de la tumeur et faciliter la chirurgie. Elle peut également être proposée après l’intervention chirurgicale (adjuvante) pour éliminer les cellules cancéreuses résiduelles.
- Chirurgie : Selon la réponse à la chimiothérapie et l’étendue de la maladie, une chirurgie conservatrice (tumorectomie) peut être envisagée. Toutefois, une mastectomie totale est fréquemment nécessaire, notamment en cas de tumeurs étendues ou de cancer inflammatoire.
- Radiothérapie : Utilisée après la chirurgie pour détruire les cellules cancéreuses restantes, elle cible la paroi thoracique, le sein (en cas de chirurgie conservatrice) et les ganglions lymphatiques régionaux.
- Thérapies ciblées : En présence de tumeurs surexprimant la protéine HER2 ou chez les patientes porteuses de mutations génétiques spécifiques, des traitements ciblés comme le trastuzumab peuvent être intégrés au protocole thérapeutique.
- Hormonothérapie : Indiquée pour les tumeurs exprimant des récepteurs hormonaux positifs (RH+), elle vise à bloquer l’action des hormones favorisant la croissance tumorale.
La prise en charge du cancer du sein de stade 3 est décidée de manière collégiale lors de réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP), afin d’établir un plan de traitement personnalisé optimisant les chances de guérison.
Taux de survie du cancer du sein
Le taux de survie du cancer du sein est plutôt élevé si on le compare à d’autres cancers, même si le stade évolutif de la tumeur au moment du diagnostic influence le pronostic.
Ainsi, le taux de survie moyen du cancer du sein à 5 ans est de 88 %, et de 78 % à 10 ans. Pour les patientes encore en vie une année après le diagnostic, le taux de survie s’élève à 94 %. Ce taux est également aux alentours de 90 % pour les tumeurs mammaires de stade précoce (in situ ou peu étendus).
Les cancers du sein de stade plus avancé mais sans métastase ont un taux de survie moyen de 80 %, contre 25 % en cas de cancer du sein métastatique.
Le type de pathologie et son grade influencent également le pronostic vital des femmes. Un cancer inflammatoire ou un cancer du sein avec envahissement ganglionnaire ont un taux de survie inférieur à 30 %. En revanche, les cancers in situ ou de taille inférieure à 1 cm, sans envahissement ganglionnaire, ont un taux de survie bien plus élevé à 95 %.
Par ailleurs, 75 % des récidives de cancer du sein surviennent dans les 5 années qui suivent le diagnostic. 80 % d’entre elles sont invasives. Les femmes jeunes sont plus sujettes aux rechutes, du fait de l’évolutivité et du caractère agressif de leur tumeur mammaire initiale.
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Cancer du sein en France : quelques chiffres
La référence en termes de statistiques du cancer du sein en France est le rapport d’une étude réalisée dans le cadre du Plan Cancer entre 1990 et 2018. Les résultats montrent que le cancer du sein représente la seconde cause de mortalité chez la femme en 2017, derrière le cancer du poumon et avant le cancer colorectal.
Entre 1980 et 2005, le nombre de diagnostics du cancer du sein a augmenté de 138 %. Cette augmentation peut s’expliquer par une hausse de l’espérance de vie, et surtout, par le dépistage organisé du cancer du sein avec mammographie + échographie. Depuis, d’autres facteurs de risque liés à l’environnement ont fait leur apparition.
Le cancer du sein a été responsable de 11 800 décès en France, et de 571 000 décès à travers le monde. Toutefois, il s’agit d’un cancer qui connaît de bons pronostics de survie à 5 et 10 ans, contrairement à certains autres cancers (même si ces pronostics dépendent du type de tumeur diagnostiquée).
En résumé, ces statistiques permettent de constater que :
- En 2018, le cancer du sein a été responsable de 12 146 décès (pour 58 459 diagnostics réalisés).
- De nombreux facteurs jouent un rôle dans l’estimation des chances de survie d’une patiente touchée par le cancer du sein.
- En cas de récidive, d’autres facteurs influencent les chances de guérison, comme le laps de temps entre le diagnostic initial ou la fin des traitements et la rechute.
- Le pronostic vital est notamment meilleur en présence d’une tumeur de stade précoce non invasive.
- Le cancer du sein chez les jeunes femmes présente habituellement un pronostic moins favorable que chez les patientes ménopausées.
- Le cancer du sein continue d’entraîner des décès, mais les avancées de la médecine permettent aujourd’hui d’obtenir des chances de survie augmentées.
